L’Institut Pierre Mendès France (l’IPMF) a pour mission première de regrouper et de conserver tout document ou élément d’information se rapportant à la vie, à l’action ou à la pensée politique de PMF. L’Institut accueille des chercheurs, des étudiants ou toute personne souhaitant des informations sur Pierre Mendès France, et dispose d’un important fonds d’archives (95 mètres linéaires de documents papier et audio-visuels – 650 cartons). C’est l’un des plus grands fonds appartenant à un homme d’État français aujourd’hui. Depuis plus de 20 ans maintenant, l’IPMF poursuit sa mission en organisant des colloques ou des conférences autour de PMF, participe à des publications ou remet des prix à des étudiants ayant fait leurs recherches sur PMF.
En novembre 2004, j’ai été nommé secrétaire général de l’association. Nous avons décidé, avec le conseil d’administration, d’ouvrir notre institution plus largement au grand public, notamment grâce au média citoyen et politique qu’est devenu le net aujourd’hui.
Un nouveau blog pour l’Institut PMF
- PMF portait une attention particulière à l’écoute de ses concitoyens et attachait beaucoup d’importance à la jeunesse. C’est dans cet esprit que j’ai décidé de lancer ce blog. La formule a l’avantage de faciliter la communication avec notre institution, tout en la rendant moins formelle, moins froide. Les blogs sont plus vivants et plus proches. Ils s’adressent au grand public et notamment aux jeunes générations, coutumières de ce type de média. J’animerai seul le blog, pour le moment, mais devrais compter du renfort dès octobre 2006.
Projet : “100 ans de PMF en vidéopodcast” – Collecte de témoignages vidéo.
- En janvier prochain, nous fêterons le centenaire de la naissance de PMF (1907-2007), je profite de cette occasion et de ce blog pour lancer un videopodcast collaboratif (série de vidéos en ligne) regroupant témoignages et souvenirs de personnes ayant connu ou croisé PMF.
- Je vais, dans un premier temps, interviewer des proches de PMF, des amis de la famille ou des personnalités politiques ayant eu des rapports avec lui. Des témoignages courts qui seront mis en ligne au fur et à mesure sur ce blog. L’idée étant de collecter un maximum de souvenirs avant que le temps ne fasse son oeuvre.
- Le projet est ouvert et collaboratif. Vous connaissez peut-être quelqu’un près de chez vous ou un proche qui garde un souvenir fort de PMF ? Ces témoignages, vous pouvez les filmer vous-mêmes (si vous avez le matériel adéquat), me les faire parvenir et je les mettrais en ligne avec les autres. Pour m’aider, suggérer un interview ou participer d’une manière ou d’une autre à ce projet de videopodcast, manifestez-vous ici.
Plus d’information ici.
Résultat du baromètre de confiance politique - 28/01/2010
[video] Conférence de presse : lancement du baromètre de confiance politique - 11/01/2010
Lancement du baromètre de confiance politique - 05/01/2010
Projet de Baromètre de la confiance politique - 04/01/2010
Annonce : Forum sur John Maynard Keynes, aujourd'hui (27 novembre) - 25/09/2009





Vincent Garel
3 years ago
Bonjour Tristan, félicitation pour ce blog et pour l’initiative générale. Puis je localement la faire connaitre et la relayer ? Je vais chercher dans le Tarn des témoins ou des personnes qui aurainet put connaitre PMF…
Bravo encore,
Bien Cordialement,
VG
Tristan Mendès France
3 years ago
Merci et avec plaisir ! N’hésite pas à proposer des personnes et à relayer l’information.
jean-rémi
3 years ago
Hello Tristan !
Voilà une excellente et belle idée ! À quelques mois d’élections importantes, et dans un contexte conflictuel, voilà qui devrait nous permettre de nous rappeler, ainsi qu’à nos chers politiciens et politiciennes, ce que peut être l’éthique de la responsabilité et le courage en politique (comme tu le rappelles pour les jeux de 36 entre autres), et comment se fixer comme règle d’action la pédagogie plutôt que la démagogie…
humainement,
Jean-Rémi
CHICHE
3 years ago
Bonjour Tristan,
super ce nouveau Blog, et merci encore pour ton soutien à la cause du Darfour, http://www.sauverledarfour.org
amitiès
Mahor
Leon Mercadet
3 years ago
Mon cher TMF, juste une impression sur PMF.
Quand il a fait la paix en Indochine, en 1954, j’avais quatre ans. Je n’ai donc jamais connu PMF en action. Dans les années 60, les grands hommes de gauche s’appelaient Mitterrand, Maurice Thorez, Rocard. L’homme PMF n’était plus dans le film. Ni ministre ni chef de parti d’opposition pourtant, étrangement, le nom existait toujours, flottant dans l’atmosphère politique comme celui d’un père tutélaire, d’un sachem survivant d’un lointain passé, la France d’avant De Gaulle. PMF, c’était celui qui n’avait pas les mains sales. Un jour, contre toute attente, il est revenu. C’était le 27 mai 68 au fameux meeting du stade Charléty, entre deux nuits d’émeutes. La méfiance envers les “politiciens bourgeois” n’avait alors aucune borne chez nous, les barricadiers de base. Pourtant, PMF au côté de Mai, cela parut assez magique, et un sacré renfort : le type pouvait nous aider à faire partir De Gaulle. L’aventure n’a pas eu de suite mais je n’ai jamais vraiment compris pourquoi PMF, seul de tous les leaders politiques du vieux-monde, avait échappé à nos sarcasmes anti-politiciens.
Tristan Mendès France
3 years ago
Léon> Merci beaucoup pour ce témoignage. :) Et au plaisir de te recroiser.
Oppenheimer
2 years ago
Edgar Faure
Près du champ de Mars, une rue porte son nom. Avocat, Homme d’état, Académicien est-il mentionné sur la plaque.
Quand je passe à travers cette artère qui ne paie pas de mine, telle qu’elle est, négligeable, anonyme parmi des dizaines de milliers d’autres qui elles sont quais, boulevards, avenues connues de tous, quand je déchiffre comme un passant cette plaque où est cité Edgar Faure, la lecture de ce nom ne facilite ni mes choix, ni mes souvenirs. Ni cette question pour moi sans réponses : Qui fus-je pour lui ?
Même si je plaisante, en me disant que tout au long de ma jeune vie, j’ai toujours été à côté de la plaque.
Il est difficile pour un petit fils de retrouver son grand-père au coin de cette rue perdue dans Paris qui n’évoque rien de sa vie.
« Je me souviens d’un coin de rue » chantait Trenet originaire comme lui du Sud Ouest de la France, Trenet auquel il était lié par une solide amitié. Trenet qu’il avait activement soutenu dans l’espoir qu’il devienne le premier troubadour admis sous la coupole. Il s’érigea pour la circonstance en ardant défenseur de la chanson, convaincu qu’elle peut acquérir en certaines circonstances des lettres de noblesse qui l’autorise aux mêmes distinctions qu’on accorde aux autres arts dits majeurs comme la poésie en particulier. La musique, la composition, la chanson ont toujours occupé, il est vrai, une grande place dans sa vie.
Que de soirées passées près du piano où il se tenait impatient de nous faire partager ses dernières compositions avant de les faire découvrir à d’autres comme Henri Salvador où Serge Reggiani.
Il était alors inquiet comme un débutant avant d’entrer en scène. Reggiani le chanta.
Il n’en était pas peu fier. Dans une salle de fête du Haut Doubs, pendant une campagne électorale, pour une fois il était en avance ! Il aperçut au coin de l’estrade un double queue qui semblait soustrait d’un décor. Il s’assit devant le clavier aux touches incertaines et devant des militants et aussi quelques contestataires médusés, se mit à pianoter « une longue, longue attente ». Tout un programme et pas seulement politique.
Une salle houleuse épousait soudain le flot musical ! la musique adoucissait aussi les mœurs politiques !
« Compositeur » sans doute, aurait-il apprécié ce titre sur la plaque, lui auquel on collait l’étiquette d’éternel universitaire.
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• Universitaire. Réformiste : Il faut avouer qu’il avait réformé au pas de charge écoles et facultés. Il aimait souvent évoquer soixante huit, la « chienlit » qu’il l’y avait porté. Et la vitesse avec laquelle il avait nettoyé tout cela.
• Universitaire, lui-même avait passé très tard son agrégation de droit romain. A table, au petit déjeuner, il citait souvent Tacite où Sénèque dans le texte. Cela aurait pu sembler au réveil un exercice savant et fastidieux mais le petit zozotement dans sa bouche rendait tout de suite l’exercice moins sentencieux.
• A propos de ce cheveu sur la langue, il éprouvait souvent le besoin d’en parler et de nous avouer que comme Démostène, il s’était acquitté de ses oraux avec moult cailloux en bouche. Alors la mention « Universitaire » sur la plaque portant son nom… ? Et si c’était plutôt Réformiste parce qu’Edgar Faure rejetait d’une même main révolution et réaction qui lui semblaient être prisonnières d’une même logique de l’affrontement (confrontation) qui était à l’opposé de tout ce qu’il était et de tout ce qu’il croyait. Homme de dialogue, fondateur du Nouveau Contrat Social.
•
Homme de négociation auquel on a souvent fait le mauvais procès de sacrifier parfois au compromis. En effet, l’avocat pensait –ce qui était paradoxal dans sa fonction- qu’un mauvais arrangement vaut souvent mieux qu’un bon procès. L’orateur ne craignait pas la plaidoirie bien que l’humaniste en connaissait les limites. Edgar Faure, négociateur et philosophe.
• Je me souviens de l’accueil qui nous était réservé au Maroc où en Tunisie lorsqu’il répondait parfois aux nombreuses invitations qui lui étaient faites. J’avoue qu’en plusieurs circonstances le garçonnet que j’étais se trouva dans de bien fâcheuses postures. Quelle drôle idée avais-je eu ce jour-là de tirer la langue au Roi… Surgissait alors le Grand-père pour éviter que cela ne dégénère en incident diplomatique.
• Le Souverain, en effet, en avait pris ombrage.
• Il n’hésitait pas alors à se livrer à un portrait exhaustif de l’enfant, le puer romain, le puéril oriental, l’historien se faisait ambassadeur de l’enfance et de son irrespect. « Diplomate » sur la plaque de cette rue qui porte son nom ?
• L’agitateur qu’il savait être, le provocateur qu’il pouvait être rêvait d’amour entre les hommes et avait du mal à croire qu’on puisse ne pas l’aimer. Il ne se connaissait pas d’ennemis et les hommes politiques de tous bords saluaient en lui l’histrion.
• Souvent lors des grandes réunions de famille précédant l’été, après être resté longtemps silencieux au milieu des siens. Il revenait soudainement parmi nous et posaient avec humour mais gravité cette question : Un tel est-il Fauriste ?
• Le diplomate et l’avocat était un Défenseur, mais pas seulement des chanteurs, des candidats à toutes les sortes d’examens, qu’ils soient politiques où agrégatifs, des enfants avant qu’ils ne deviennent martyrs mais le défenseur des causes quelles qu’elles soient pour peu qu’elles soient justes.
• Je jouais dans sa chambre, comme souvent le matin, dans sa maison près de Paris, quand soudain j’entendis que le » Quai d’Orsay »-l’avait appelé. Quai d’Orsay, le mot me fit frémir, « Croquemitaine » Je devinais la gravité sans comprendre l’enjeu – le Quai d’Orsay lui apprit qu’un des derniers ministres du Chah d’Iran, Hoveyda allait être exécuté dans les heures à venir, sans autre forme de procès.
•
L’avocat qu’il était, plus encore quand les causes semblaient perdues, s’engouffra sans bagage dans la voiture officielle qui restait en permanence en faction dans la cour.
Le serviteur de l’Etat qu’il s’ enorgueillissait d’être, aimait aussi à passer de longues nuits à former des mots, compter des lettres pour triomphalement annoncer à la septième trouvée dans le même mot, Scrabble !
Il riait alors comme un enfant du bon tour qu’il venait de jouer à ceux qui voulaient l’affronter et qui étaient ramenés au rang de bons élèves studieux.
Tu chercheras ce mot dans le dictionnaire, me disait-il. Cela lui donnait le temps de prendre des notes sur un discours, d’affiner sa plaidoirie, de trouver un alibi à son dernier polar pour lequel il cherchait un titre et aussi de rajouter quelques références à ses mémoires.
Mémoires pour lequel le temps lui était plus encore compté que prévu. Il allait hélas nous priver des chapitres consacrés à cette cinquième république que nous attendions tant.
Il allait en priver la France comme il allait priver son petit-fils de cette part de rêve que donne le pouvoir lorsqu’il est au service des hommes sans distinction de peuples, sans ostracisme politique, sans sectarisme idéologique. Hormis le nazisme qu’il affronta comme procureur au procès de Nuremberg, il accueillit les représentants de toutes les idéologies aujourd’hui discréditées.
Chinois, russes, Potentats africains et orientaux défilait à la maison. On me demandait de les saluer parce qu’il croyait utile de les recevoir pensant que le dialogue même le plus difficile valait mieux que le silence, l’ignorance où le mépris.
Et puis disait-il » peut-être sont-ils plus proches de ce que je crois qu’ils ne le savent eux-mêmes ! », toujours cet incurable optimisme porté par l’amour de la vie.
Alors sur la plaque, peut-être la seule mention qui conviendrait et devant laquelle il aimerait que nous pensions à lui serait celle d’Edgar Faure fondateur du Nouveau Contrat Social, inventeur du Faurisme.
Et ce qu’il attendrait de nous, de moi de vous tous c’est que nous sachions perpétuer cette part d’humanisme qui refuse d’enfermer les hommes dans des partis et les convictions dans des certitudes.
Rodolphe Oppenheimer.